Centre d’Art de Vassivière en Limousin

Au centre d’un lac de mille hectares, sur une terre de granit, de bois et d’eau, l’île de Vassivière, lieu de promenade champêtre se métamorphose en pôle artistique ; (…). Un viaduc inachevé et un phare, telle apparaît l’architecture emblématique de ce sanctuaire artistique, signé Aldo Rossi. (…) Un parcours horizontal dessiné par une allée couverte, une galerie qui s’étire, linéaire, entre la forêt et le lac. Une œuvre qui puise sa force symbolique dans le rythme même des arcades, et la présence d’éléments comme le pronaos métallique, ou le pignon quasi-aveugle qui arrête brutalement l’édifice. Mais le point d’ancrage, le lieu de référence, c’est la tour. Espace clos où le visiteur, saisi d’effroi sacré en franchissant le seuil, est immédiatement plongé dans une pénombre qu’il conquiert progressivement. Tel le phare, cher aux architectes révolutionnaires, c’est un cône parfait mais uniquement paré à l’extérieur de granit local et de mulots de briques. (…) Et le long de la courbure grimpe un escalier hélicoïdal qui aspire le visiteur vers le belvédère. (…) Dominer le site, l’espace des créations extérieures, appréhender “l’ouvrage d’art” (le phare et son aqueduc) dans sa globalité. Ce lieu même de la tour paraît ainsi résumer le projet artistique formulé par Dominique Marchès (directeur du centre). (…) Dans ce contexte, l’architecture statique de Rossi peut être perçue comme la sculpture principale de l’île, “la fabrique, le ventre” selon Marchès. C’est elle qui donne la mesure de la force d’expression du site.” (BL) (extrait de l’article publié dans “Technique & Architecture” – décembre 1991)

Date

2013

Catégories

Le partage et l'ouverture à la culture, Programmes rares

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