Principes

.01

Nos bâtiments sont faits pour servir, mais aussi accueillir plus que leur simple usage, être prêts à l’événement des utilisateurs.

.02

Nos constructions sont faites pour durer, c’est-à-dire s’inscrire dans la ville comme une pierre participe à l’édifice, à sa place.

.03

Nos édifices cherchent l’évidence et la discrétion, afin que leur forme esthétique provienne de leur force sociale.

GOOD VIBRATIONS

I’m pickin’up good vibrations
She’s givin’me the excitations*

L’album des Beach Boys est sorti en 1966. L’année où en France la femme devient l’égale juridique de l’homme et ou en Italie Aldo Rossi publie un texte fondateur, qui marquera quelques générations d’architectes européens :L’Architettura della città.

L’heure est à la Tendenza. Les architectes initiateurs du mouvement ne sont pas en quête d’un nouveau style ou de formes a priori inédites mais visent à développer un mode d’élaboration du projet prenant en compte des sources historiques. Il ne s’agit pas pour eux de reproduire où d’imiter les œuvres du passé (c’est encore une idée trop audacieuse pour l’époque) mais de rejeter la notion de forme liée directement à la fonction. Aldo Rossi montre comment Palladio, le maître de la Renaissance, adapte le plan en croix des églises médiévales à ses célèbres villas, assurant ainsi le passage du religieux au séculier. A partir de cet exemple et d’autres similaires, celui qui est déjà devenu un maître, s’attache à considérer attentivement les types de bâtiments comme support pour l’élaboration des projets. La Tendenza, qui associe typologie et morphologie, substitue à l’approche abstraite, indépendante des conditions historiques et géographiques, un intérêt pour la sphère urbaine considérée comme une entité organique capable d’intégrer, et aussi d’interpréter, les traditions culturelles, et partant, susceptible d’assurer une transition douce des formes architecturales.. Elle s’intéresse moins aux architectures savantes qu’aux réalisations vernaculaires et archaïques issues de cultures et d’habitudes locales et régionales.

Quand Aldo Rossi publie son traité, la donne de l’architecture est déjà rebattue depuis une dizaine d’années. La reconversion de l’industrie de guerre en industrie de paix a ouvert les portes à une dimension nouvelle d’appropriation de l’espace qui fait passer la ville en arrière plan devant les autoroutes, les centres commerciaux et les urbanisations menées à coups de zones monofonctionnelles (aujourd’hui, les villes traditionnelles représente à peine 1% de la surface mondiale urbanisée contre environ 3,5% il y à quarante ans).
La ville, depuis longtemps chargée de tous les maux, trahie de l’intérieur par les architectes, doit battre la chamade et mai 68 ouvre à fond les vannes de la logorrhée anesthésiante. Pour étendre le marché, il faut transformer les architectes en êtres férocement individualistes, c’est-à-dire, prêt, pour satisfaire leur ego et obtenir la commande, à sacrifier la ville. Celle-ci n’étant plus considérée comme le creuset de la civilisation urbaine, le lieu ou les femmes et les hommes acquièrent les libertés fondamentales, mais comme l’obstacle majeur aux affaires et à l’innovation formelle. Il faut donc en finir avec l’îlot, la parcelle, avec la hiérarchie des espaces publics, avec la distinction entre tissu urbain et monument. Toute construction sera désormais considérée comme un monument, chaque architecte comme un génie.

Rien de tout ce cela n’est évidemment spontané et innocent, mais relève de l’internationalisation des marchés. Dire que la main de la CIA était dernière les manifestants de la Sorbonne n’est aujourd’hui plus un secret (André Glucksmann en a fourni le premier les preuves) tout au plus un sacrilège pour ceux dont mai 68 fut l’unique grand moment de leur vie.

En 1975, Bernard Huet publiait dans la revue AMC, un petit manifeste dans lequel il affirmait l’impossibilité du progrès en architecture. : « Un édifice néo-gothique construit en 1975 est « moderne » dans la mesure où il se situe à l’intérieur des rapports de production contemporains ». En 1976, Léon Krier avec son projet de concours pour la Villette, démontrait l’actualité opérationnelle des concepts constitutifs de la ville européenne et monopolisait l’attention des revues qui donnaient le ton international, Lotus en Italie, Oppositions aux Etats-Unis, l’Architecture d’Aujourd’hui en France. Son livre, Architecture Rationnelle, publié en 1978, après une exposition organisée en 1975 à la AA School de Londres (alors la plus hype) était conçu comme un manuel illustré divisé en chapitres consacrés aux éléments dialectique de la morphologie urbaine, à la reconstruction d’espaces urbains, à l’habitat comme élément constitutif d’un nouveau tissu urbain, au quartier ou la ville dans la ville, etc. Les architectes de la Tendenza (Grassi, Minardi, Conti, Botta, Braghieri, Scolari,..) s’y taillaient la part du lion. Aldo Rossi avec ses projets pour l’hôtel de ville de la commune de Scandicci près de Florence et pour le théâtre de Parme illustrait une possible réconciliation entre l’assassin de la rue, Le Corbusier, (qui avait la fâcheuse habitude de confondre le clair de lune et la rue Saint Denis) et l’amant sensuel des places écrasées par le soleil, Giorgio de Chirico, qui aimait tant le va et vient citadin qu’il finit par prendre racine dans les halls d’hôtels.

A bâbord toute ! Les bonnes vibrations arrivaient avec le vent du sud, de Bologne la Rouge, de Turin la motorisée, de Milan l’intellectuelle. Elles étaient pareilles aux flocons de peupliers portés par le vent depuis Ostia annonçaient aux Romains l’arrivée du printemps jusqu’à ce que la construction des barres du Corviale entravent leur passage. A l’exception du football, le rouge et le vert ne font pas toujours bon ménage. Nous étions des enfants contents de porter l’étendard de la révolution sans trop nous inquiéter des bruits qui courraient sur sa confiscation et sur les exactions commises en son nom. Faut-il pour cela faire trait sur l’engagement qui a fait ce que nous sommes ? Trop jeune pour être de la génération des hussards littéraires, trop vieux pour être de celle des rebelles sans cause. Le désenchantement ajoute plutôt que soustraire. Douleur passagère dans l’arrière train qui fait se fait traîner le chien suscitant le sourire ou la compassion des passants.

Encore quinze années et le centre d’art de Vassivière en Limousin inauguré en 1989, issu de du talent complice de Xavier Fabre et d’Aldo Rossi, illustre à l’échelle grandeur l’idée de volumes simples, d’archétypes issus de la civilisation urbaine antique et assemblés sous la lumière.
Autrement dit, une architecture du silence. Fabre et Speller semblent avertis que pour asseoir un pouvoir, c’est-à-dire avoir une audience, être reçu par un public d’amateurs, il est préférable de laisser les autres parler. Le silence, source de mystère éloquemment illustrée par la séquence du club Silenzio dans Mulholland Drive. A chacun dès lors de trouver le sens du film de David Lynch et des architecture de Fabre et Speller (s’il y en a un) puisque personne ne voit les choses de la même façon. Par le silence qui les embrasse et les cajole, les architectes laissent aux dériveurs des rues, dont seul l’avis compte, l’impression que leurs réalisations sont aussi foisonnantes de mystères qu’un temple maçonnique.

Pendant toutes ces années qui nous amènent cahin-caha au 12 mai 2008, l’agence Fabre et Speller a ainsi tenu le cap, évitant les écueils acérés de l’innovatio et du novo, s’endurcissant dans les déserts surchauffés pour mieux appréhender les vertus du mutisme et se retrouver aujourd’hui membres du « Livingstone, I presume ? ». Club sélect de rassemblement nocturne des créateurs conscients que l’écologie et la durabilité, sont indissociables de la ville traditionnelle avec ses quartiers et ses espaces publics nommables et reconnaissables par tous. Ici les habitués partagent la même idée que le bon logement social est celui qui ne se voit pas (idée encore insupportable aux sociétés de logements sociaux et à leurs architectes), que les architectures les plus énigmatiques, langoureuses ou musclées, sont celles qui permettent la nidification des oiseaux et échappent aux photographes pour s’éclipser dans la ville, lieu de toutes les aventures. Ici au club (quand on n’est pas occupé à danser), les conversations portent sur la parcelle, le mitoyen, l’alignement, les voisins, le déjà vu, le à l’identique, le mimétisme, l’imitation, le bleu et le gris du ciel, le style (vous êtes plutôt gothique ou spanish style ?). Ce ne sont pas des gros mots

Alors, Quoi l’éternité ?
Fabre et Speller, (intronisés Sabre et Epée au « Livingstone » en référence à leur caractère sport) des architectes épatants, une équipe très british, qui inscrit son travail dans le temps de la ville, du vécu quotidien, de la marche à pied, du voisinage paradoxal, de l’heure bleue de l’apéritif à la gentiane, du chien écrasé, des agitations de la tectonik, du cinq à sept derrière les persiennes qui dessinent des rais de lumière sur le sol, du facteur érudit, de la fleuriste péripatéticienne, du libraire prix Nobel de gastronomie ou du bar-tabac du coin, … Bref, là ou sont les bonnes vibrations, là ou sont les gens qui bougent, se remuent le derrière, là ou est la vie avec ses peines aux larmes et ses joies multicolores.
Beaucoup plus tard, quand ils disparaîtront, que les volets de l’agence battront lugubrement à tous les vents, chose, comme on le sait rarement, inévitable, parions que la terre leur sera légère.

Maurice Culot
Paris le 12 mai 2008

Fabre & Speller

Xavier FABRE, et Vincent SPELLER, architectes, travaillent ensemble et partagent une agence à Clermont-Ferrand et à Paris depuis 1986. Ils créent la SARL FABRE / SPELLER en janvier 2002, dont ils sont co-gérants.

L’agence d’architecture Fabre/Speller mène chaque projet, dont la réalisation lui est confiée, avec le plus grand soin, de la conception à la maîtrise de l’économie, au suivi de chantier.

Chaque projet est géré par un des deux associés, en collaboration avec un chargé de projet au sein de l’agence. Cette double présence, effective et durable, permet d’assurer la cohérence des choix et adaptations tout au long du projet et de gérer le projet, avec les attentes des usagers et la maîtrise des coûts.

La structure de l’agence s’organise sur deux pôles : Clermont-Ferrand et Paris. Ces deux équipes de tailles volontairement légères travaillent sur des affaires différentes et viennent s’épauler lors de surcharges de travail et se compléter selon les compétences nécessaires pour chaque projet.

L’agence, associée ponctuellement sur les projets avec des architectes locaux, se présente généralement comme mandataire. Ceci permet de pouvoir répondre rapidement aux demandes du maître d’ouvrage. L’agence monte une équipe de partenaires avec laquelle elle a l’habitude de travailler et de répartir les tâches : bureaux d’études techniques, urbanistes, acousticiens, éclairagistes, économistes de la construction…

Les équipements informatiques, l’utilisation d’Autocad, l’emploi récurent de maquettes, une forte culture du dessin à la main permettent d’assurer de manière rapide les différentes évolutions et présentations du projet.

Depuis l’aventure de la construction d’une salle philharmonique à Saint-Petersbourg, Russie, les projets se développent de façon internationale.

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Xavier Fabre

Né le 23 septembre 1950 à Paris (75), France

1975 obtient le diplôme d’Architecte de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich
1977 commence l’exercice libéral
1979/1980 il étudie au Centre d’Etudes Supérieures d’Histoire et de Conservation des Monuments Anciens – Ecole de Chaillot
1986 travaille en collaboration avec Vincent SPELLER
2002 crée la S.A.R.L. FABRE/SPELLER.

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Vincent Speller

Né le 18 août 1960 à Clermont-Ferrand (63), France

1985 obtient le diplôme d’architecte dplg, à l’Ecole d’Architecture de Clermont-Fd
1985 commence l’exercice libéral
1986 travaille en collaboration avec Xavier FABRE
2002 crée la S.A.R.L. FABRE/SPELLER

Nos chefs de projet

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Béatrice Dumas

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Stefan-KNOERNSCHILD

Stefan KNOERNSCHILD

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Eric NICOLAS

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yves-pepin

Yves PEPIN

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BIM

La synthèse des contraintes est l’art de l’architecture.

L’usage du Building Information Modeling apparaît comme un outil pour croiser progressivement les savoir-faire et faire converger les énergies vers une synthèse approfondie et constructive.

L’agence Fabre/Speller qui développe des solutions constructives innovantes, fiables et reproductibles, trouve là un outil privilégié.
Deux BIM Manager guident les études à Clermont-Ferrand et Paris.

EXPORT

Notre activité se développe pour 30 % à l’export, afin de conserver un savoir-faire de niveau international dans les domaines de l’urbanisme, des lieux culturels et des restaurations historiques.

L’agence Fabre/Speller est présente sur le long terme, depuis :

  • 12 ans en Russie (théâtre Mariinsky, Salle de concert…) ;
  • 6 ans en Chine (projet urbain à Dalian, Shanghai, …) ;
  • 2 ans en Allemagne (restauration et construction culturelle).

Pays dans lesquels elle a instauré des partenariats durables avec une connaissance approfondie des process de construction à l’étranger.